Les expositions après 1953

Quelque mois après la mort de Lucien Genin son œuvre est orpheline. Jeanne Bernard, la seule personne qui pouvait en faire la promotion est malheureusement décédée, elle aussi.

Finalement, la « rétrospective Lucien Genin » se tient du 21 mai au 4 juin 1954 à la galerie de Seine, 24 rue de Seine à Paris. Dans sa préface de l’exposition, René Fauchois revient sur les derniers jours de la vie de son ami : « Une petite érosion qui ne semblait pas devoir lui être funeste et dont la bénignité apparente n’inspirait à son entourage qu’une inquiétude mitigée gêna tout à coup, dans ses déambulations, l’imagier de Paris qu’il était devenu. Pourtant comme sa plaie n’en finissait pas de suppurer et qu’on craignait que son corps tout entier ne s’infectât, on jugea nécessaire de lui couper la jambe, et il mourut. On m’assure que ce fut sans souffrir, et je préfère le croire. »

René Fauchois termine son texte par ces mots : « Certainement la joie l’emplissait quand il peignait. On le voit, car cette joie est communicative et une toile de lui met plus en lumière le mur où on l’accroche et les yeux qui s’en régalent ».

Parmi la quarantaine de tableaux exposés on retient une vue de Notre-Dame et une vue du port de Cassis.

En février 1960, la galerie Aymonier, 162 boulevard Haussmann à Paris, inaugure une série d’expositions sur les peintres du XXe siècle. La première d’entre elles est consacrée à Elisée Maclet, la troisième à Lucien Genin. La galerie présente du 10 au 30 juin 1960 une cinquantaine de tableaux, peintures et gouaches ; parmi elles, Les escaliers de la rue Gabrielle, Le marché aux fleurs, L’haltérophile, La cathédrale de Rouen, Le port de Cassis… Dans le catalogue, Marcel Guicheteau évoque la vie de l’artiste, son texte est reproduit intégralement dans le livre de Bertrand Willot « De Montmartre à l’ombre de Saint-Germain, Lucien Genin » aux éditions de La vie d’artiste awd, Paris 1999.

En 1968, Oscar Ghez inaugure son Musée du Petit Palais à Genève. Une toile de Lucien Genin, un haltérophile au maillot jaune citron, au slip noir campé sur un tapis rouge, levant la fonte devants les badauds, est exposée à cette occasion. Plusieurs tableaux de Genin sont dans les collections du Musée : une place de l’Opéra, le Lapin Agile sous la neige, le Cabaret montmartrois, le Square d’Anvers que Genin avait présenté au Salon d’automne en 1926 et qui a été présenté à Genève lors de l’exposition « de Renoir à Picasso ».

Le tableau ci-dessus est exposé au Musée intercommunal de Nogent-sur-Marne.

En 1968, la maison des arts et loisirs du Creusot organise une exposition collective « Primitifs du XXe siècle, F. Desnos et son temps ». Lucien Genin présente huit tableaux, André Bauchant et Camille Bombois deux chacun, Ferdinand Desnos six, Jean Fous deux, ainsi que Dominique Lagru, idem pour Madeleine Luka, Elisée Maclet présente dix tableaux, Alphonse Quizet six, Hector Trotin deux, et Germain Van der Steen deux lui-aussi. Le catalogue reproduit sept tableaux de Lucien Genin et le texte de Georges Peillex évoque la vitalité créatrice de l’âme populaire, aucune tendances de l’art moderne n’est aussi riche que celle des primitifs du XXe siècle.

En 1990, à partir du 20 novembre, date du vernissage, le Musée Montmartre présente la première exposition consacrée à Lucien Genin sur la Butte. Cinquante-cinq huiles et gouaches sont réparties dans le charmant musée de la rue Cortot. Le catalogue réunit un texte de Jean-Claude Gaubert qui cite Jacques Prévert « Genin a des fleurs plein les yeux et ses yeux montent dans les étoiles », une biographie d’André Roussard vice-président du Vieux Montmartre et galeriste rue du Mont-Cenis qui, à l’époque, s’interrogeait sur la date et les circonstances du décès de Lucien Genin. Le catalogue reproduit vingt-sept tableaux dont trois particulièrement étonnants, celui de l’épicerie de la rue Laplace, celui de la place des Abbesses, et celui exposé en 1930 au Salon d’automne : la fête des filets bleus à Douarnenez.

En 1999, cette gouache a été exposée au Museum, Tokyo, au Musée préfectoral Mié, et en 2000, au Sogo Muséum, Yokohama, au Daimaru Museum Umeda, à Osaka, au Musée de la ville, Yakamatsu, dans le cadre de l’exposition « À Paris, Cafés d’artistes et leurs légendes » gouache reproduite au catalogue.

En 2007, à l’initiative de l’association la Vie d’artiste awd et de la famille de l’artiste, la Mairie de Paris VI, place Saint-Sulpice, présente une exposition Lucien Genin, salle du Vieux Colombier. Cinquante-deux huiles et gouaches, des lettres de l’artiste et des photos de Robert Doisneau de 1953 rendent hommage à ce flâneur des bords de Seine qui a vécu dix-sept ans dans l’immeuble au-dessus du café « La Palette », rue Jacques-Callot, là où Doisneau l’a immortalisé. L’une des photos illustre « Le vin des rues » de Robert Giraud, paru en 1955. Le catalogue reproduit trente-huit tableaux et une photo de Lucien Genin adolescent en compagnie de son frère et ses parents, le texte est de Bertrand Willot. 

Retour en haut